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 Il cherche à éliminer toute opposition(cliquez ici)

Scénario à la Burundaise ?

 

Le 31 mars à Bwisige le Président Kagame qui serait en voyage aux USA disait être sûr  à 100% de l'issue des élections à venir...Il faut dire que tout devait être mis en

oeuvre pour garantir le succès à son parti : le mois suivant l'Assemblée Nationale de Transition (ANT) réclamait la dissolution du Mouvement Démocratique Républicain, seul parti susceptible de faire de l'ombre au Front Patriotique Rwandais au pouvoir. La constitution approuvée par referendum fin mai, obligeait tous les partis à se soumettre aux diktats du Forum des partis dominé par le FPR. Tout semblait aller le mieux possible pour le chef de l'Etat et son mouvement.

 

Mais... fin juin Faustin Twagiramungu l'ancien Premier ministre est rentré, beaucoup pensaient qu'il allait servir de faire-valoir au tout puissant général-président. Il allait se présenter, faire le figurant dans une campagne-bidon et ensuite on le récompenserait avec un poste quelconque et ou une cagnotte qui vaudrait mieux que

l'exil à Molenbeek.

 

Un mois plus tard ?

 

A vrai dire il semblerait que ça ne se passe pas exactement comme les stratèges du FPR le souhaitent : Le MDR a bien disparu de la scène mais cet épouvantail sur lequel se focalisait les agents du régime n'est pas le problème. Les non-FPR osent relever le défi et le FPR doit utiliser les grands moyens pour les dissuader.  

 

L'ancien président du MDR, Célestin Kabanda qui vient de créer un nouveau parti en attente d'agréation, l'Alliance pour la Démocratie, l'Equité et le Progrès (ADEP) Mizero (espoir en Kinyarwanda) a été convoqué par le parquet qui voulait l'interroger sur des propos... divisionnistes. Les autorités sont convaincues qu'ils ne s'adressaient qu'aux Hutus lorsqu'il a évoqué "des coeurs meurtris" dans un de ses récents discours. On lui reprocherait aussi que Faustin Twagiramungu que l'ADEP soutient officiellement, ait lors d'une réunion de ce parti en gestation, tranquilisé la population qui a souffert pendant tout le temps qu'il était en exil.

 

Le Dr Théoneste Niyitegeka aurait été arrêté et emprisonné pour avoir dit qu'il renverserait la dictature démocratiquement (ingoma y'igitugu nzayihirikisha demokarasi). Selon Hildebrand Kayibanda le porte-parole de Twagiramungu à Bruxelles et coordinateur de son comité , il aurait récemment manifesté l'intention de soutenir la candidature de Twagiramungu. Léonard Kavutse membre de l'ancien MDR et ancien député originaire de Cyangugu cité  dans le rapport de l'ANT consacré au divisionnisme de son parti, a aussi été convoqué par les interrogateurs du régime.

 

Malgré sa "toute puissance"et son assurance affichée, le FPR est agité. Il n'est pas sûr que la masse de paysans agriculteurs, éleveurs et chômeurs en tous genres ne va pas voter pour le "mauvais candidat" pour reprendre la terminologie du général Fred Ibingira (Kigali Institute of Education, 23 juillet 2003).  Twagiramungu n?aurait  dérangé personne s?il était resté complètement indépendant c'est à dire isolé. Mais ce n'est pas le cas, d'où le harcèlement de ses supporters. Hier il s'agissait de ceux qui lui collectaient les signatures nécessaires à son acceptation comme candidat. Aujourd'hui c'est au tour des individus et organisations qui le soutiennent. Le FPR et son chef veulent que les élections se jouent selon leurs règles. Reste à savoir si le challenger va les accepter jusqu'au bout.

 

 Qui a dit qu'il n'y a pas d'opposition au Rwanda?

 

Placide Muhigana

 

30 juillet 2003

 

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Proverbe rwandais de la semaine : Je frappe ton chien mais c'est à toi que j'en veux

 

  

Rwanda: 4 opposants interrogés par la police avant les élections

 

KIGALI, 29 juil (AFP) - Quatre opposants rwandais, dont l'un voulait être candidat à l'élection présidentielle du 25 août prochain, ont été convoqués mardi par la police, qui les accuse de "divisionnisme ethnique", et s'apprêtaient à passer la nuit au poste, a-t-on appris de sources concordantes.

 

Célestin Kabanda, président du Mouvement démocratique républicain (MDR), le principal parti à dominante hutue dont le gouvernement a réclamé la

dissolution au printemps dernier, se trouvait toujours mardi soir au poste de police de Kigali, avec Léonard Kavutse et Innocent Sibomana, tous deux membres du MDR, a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police, Tony Kuramba.

 

M. Kabanda a lancé le 12 juillet une nouvelle formation d'opposition, l'Alliance pour la démocratie, l'équité et le progrès (Adep-Mizero), toujours en attente de l'agrément gouvernemental.

 

"Ils ont été convoqués pour être interrogés sur des déclarations qu'ils ont faites, contraires à la loi contre le divisionnisme ethnique et à celle contre l'incitation à la violence", a-t-il expliqué.

 

Des accusations similaires pèsent contre Théoneste Niyitegeka, un médecin dont la candidature à la présidentielle a été rejetée le 19 juillet par la Commission électorale nationale (CEN), a-t-il ajouté. M. Niyitegeka, un Hutu qui entendait se présenter comme candidat indépendant, se trouvait mardi soir au poste de police de Gitarama, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Kigali.

 

"Ces personnes ont fait des déclarations appelant la majorité, c'est-à-dire les Hutus, à tout faire pour se débarrasser d'un régime qui les opprime", a déclaré M. Kuramba.

 

Avant de présenter sa candidature, M. Niyitegeka avait estimé que la justice rwandaise devait s'intéresser aussi bien aux responsables du génocide de 1994 qu'aux crimes commis par le Front patriotique rwandais (FPR), l'ex-rébellion tutsie qui a mis un terme aux massacres et est aujourd'hui au pouvoir. Le génocide a fait près d'un million de morts parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, selon Kigali.

 

La campagne présidentielle doit commencer le 1er août. "Ce climat présage des élections très chaudes", a déclaré mardi soir à l'AFP le principal candidat de l'opposition, Faustin Twagiramungu, l'ex-Premier ministre hutu modéré rentré au Rwanda en juin après huit années d'exil en Europe.

 

Dans un rapport d'enquête parlementaire adopté au printemps, l'Assemblée nationale de transition recommandait à la justice de poursuivre plus d'une quarantaine de personnes accusées de "divisionnisme ethnique", dont MM. Kabanda, Kavutse et Sibomana.

 

En mai, l'organisation Human Rights Watch avait accusé le FPR de vouloir se débarrasser de toute opposition avant les élections présidentielle et législatives, prévues le 25 août et le 29 septembre.

 

M. Twagiramungu, qui sera le principal adversaire du président sortant, Paul Kagame (FPR), a également affirmé que quatre de ses sympathisants avaient été arrêtés il y a plus de dix jours dans la province de Kibuye, dans l'ouest du pays, alors qu'ils récoltaient les signatures qui lui ont permis de se présenter en tant qu'indépendant. Ces quatre personnes sont toujours en détention, selon M. Twagiramungu

 

Placide Muhigana

 

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